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mardi 2 juillet 2019

Droit de regard - 8


Bonjour tout le monde,
De là, que tout un chacun puisse voir Annick nue m'indiffère totalement. Par le présent blog, elle a voulu apporter son témoignage sur son parcours de vie de Femme et elle a raison. Lorsqu'en tant que son époux, je sais ce qu'il représente pour elle de valorisant, d'épanouissant, de bien-être. Après avoir ôté d'elle ses préjugés, ses tabous, ses interdits.

Revenant de Crête, je peux ajouter que cette nudité était nécessaire pour son bien-être et sa joie de l'être.
Mais Annick a toujours su vivre ses nudités à leur juste place, sans en sortir. Ne peuvent la voir nue physiquement que celles et ceux qui se trouvent dans le même espace qu'elle, espace où sa nudité est justifiée, pour une raison ou pour une autre.
Aucun(e) de nos ami(e)s ou connaissances n'a vu Annick nue en réalité. Seuls les artistes pour qui elle a posé nue l'ont vue nue.
Mais Annick a aussi refusé de poser nue lorsqu'elle ne sentait pas la proposition de l'artiste ou l'artiste.
Le plus exemple est ce photographe suisse qui se faisait connaître par son prénom et jamais son nom de famille, qui lui a demandé de rentrer dans son projet de reproduire en photo certaines oeuvres de Gustave COURBET dont le célèbre « Origine du Monde » mais aussi d'autres grands peintres comme Klimt, par exemple. Les séances auraient lieu dans une chambre d'hôtel de Stockholm où Annick serait logée au frais du photographe et chaque séance serait rémunérée à hauteur de 250€.
Lorsque Annick m'a montré ce courriel, immédiatement j'ai senti l'arnaque. Un photographe suisse qui organise ses séances de pose nue dans une chambre d'hôtel suédoise ! Bizarre. Pourquoi pas dans une chambre d'hôtel en Belgique ou en Suisse ? Et pourquoi dans une chambre d'hôtel ?
Qui plus est, la rétribution par séance est aussi énorme ! Enfin, ce photographe n'avait pas de site photographique, ce qui est encore plus étonnant.
J'ai alors pris contact avec plusieurs photographes et modèles pour savoir qui était ce photographe suisse !
Un arnaqueur qui voulait en fait se payer sexuellement des modèles en les rémunérant à prix fort pour leurs bons et loyaux services sexuels. Le projet photo n'était qu'un leurre !
Une jeune modèle a été prise au piège ! C'est l'argent qui l'avait attirée sans penser aux dangers qui se cachaient derrière le projet. Elle a témoigné sur les réseaux professionnels « photographe/modèle ».
Dès lors, la vigilance s'impose toujours avant d'accepter une proposition de pose nue. Et il ne faut jamais dire « oui » trop vite, il faut savoir lui poser des questions, toutes les questions !
Parce que ne sait pas faire du Courbet photographique qui veut ! Ne sait pas faire du Klimt photographique qui veut !
C'est être capable de faire de la photographie d'art, et là, cela demande du professionnalisme et de la créativité et du respect total de la modèle.
Ce n'était donc pas le thème de la séance qui interpellait Annick, elle n'a aucun problème à être la modèle de Courbet, mais bien le contexte de la séance. Là est toute la différence et j'y reviendrai.
A suivre,....

mercredi 20 mars 2019

Droit de regard extérieur ? -1


L'actualité fait que nous allons traiter deux sujets en même temps concernant la nudité. 
A la lecture du livre photographique relatant les 30 années de nudité naturiste d'Annick, une dame s'arrête sur cette photo et lui demande « que regardiez-vous ? ». Annick lui répond « les chevaux ». La dame rétorque « et pas les cavaliers car vous êtes toute nue et eux sont habillés et ils peuvent vous regarder ! ».
L'éternel question du regard extérieur sur la nudité d'un(e) naturiste . Ces deux cavaliers se promenant au bord de mer sur une plage naturiste ont-il le droit de poser le regard sur la nudité d'Annick et des autres naturistes présent(e)s.
La réponse d'Annick fut des plus claires « oui et je m'en indiffère ! » La personne insiste en lui disant « oui, mais ils vous voient toute nue ». « Oui, et alors ! ».
Oui, et alors !
En tout premier lieu, si l'être humain a des yeux, c'est pour regarder le monde qui tourne autour de lui. Donc, regarder fait partie du quotidien de tout un chacun même si parfois, il y a des choses pas trop belles à voir comme ces scènes d'horreur, de guerre et j'en passe ! Je préfère alors, porter le regard sur une femme nue sans en avoir un besoin existentiel.
En second lieu, une plage naturiste n'est pas un lieu fermé (au contraire de certains centres naturistes entourés de fils barbelés) mais un lieu ouvert où la nudité est autorisée mais pas obligatoire. Elle est souvent enclavée entre deux plages non-naturistes, ce qui donnent à ces derniers un droit de passage sur la plage naturiste pour rejoindre l'autre plage non-naturiste et ce, tout en gardant le maillot.
J'irai même plus loin dans mon raisonnement. Ce qui permet, en toute légitimité, à des non-naturistes de passer la journée en maillot sur cette plage naturiste. Et donc, de croiser des personnes nues, femmes comme hommes, à condition de respecter leur nudité. Et aux naturistes de respecter le maillot du ou de la naturiste.
J'adore d'ailleurs cette photo parce qu'elle représente réellement ce qu'Annick et moi adorons dans notre vision du naturisme : la mixité naturistes/non-naturistes dans le respect mutuel de tout un chacun dans son art de vivre ! Une cohabitation possible lorsque tout un chacun garde l'esprit ouvert.
Mais encore ! ?
A suivre.

jeudi 3 mars 2016

Faut-il craindre le regard des Autres ?

C’était une question très intéressante posée par le journaliste dans le reportage télévisé de notre exposition.
Qu’aurions-nous à craindre de ce regard des Autres sur notre démarche naturiste et artistique ? Et, à travers elle, sur notre vision de la nudité naturellement vécue et photographiée. Une certaine forme d’obscurantisme, d’intégrisme, de puritanisme à l’égard de toute forme de nudité ? Des regards haineux, des propos accusateurs, des menaces en tout genre, des jugements de valeur ?
Annick et moi ne nous sommes jamais attardés sur le regard que portent les Autres sur notre démarche naturiste et artistique. Nous la vivons selon nos propres règles sur base de nos propres valeurs sans nous soucier du regard et/ou de la pensée des Autres. Et encore moins du « qu’en dira-t-on ».
Depuis le départ, en 1986, les photographies d’Annick nue sont exposées en notre demeure et donc, visibles par toute personne venant nous rendre visite. Depuis 2003, elles font l’objet de nombreuses expositions, 30 depuis cette année-là. Jamais ces expositions ou certaines photographies exposées n’ont fait l’objet d’une interdiction ou d’une certaine forme de censure.
Au travers la présente exposition « NaturElles », nous voulions montrer la nudité autrement. La nudité naturellement vécue. Le communiqué de presse de cette exposition indiquait clairement qu’il serait présenté des photographies de nus naturels d’Annick. Donc, celui ou celle qui vient la visiter sait qu’il croisera le chemin de photographies de nus féminins. Nous n’obligeons personne à franchir la porte de nos expositions.
Au-delà, nous n’avons jamais fait silence de notre démarche naturiste et artistique. En septembre 2009, Annick a répondu ouvertement à toutes les questions d’une journaliste de la presse écrite régionale sur sa pratique du naturisme, interview qui a fait l’objet d’un article de trois-quarts de page, photo d’elle à l’appui.
Ici, le journaliste télé s’est focalisé sur la nudité d’Annick en ne m’interrogeant que sur la nudité naturellement photographiée. En appuyant son interview sur des images des photographies présentées au public. C’était très courageux de sa part dans une période où la nudité est encore un tabou où certaines et certains la diabolisent sous divers prétextes.
En réalité, le regard, la pensée, les paroles, les jugements de valeur de ces Autres, femmes comme hommes, n’est autre que leur propre ressenti sur leur propre nudité. Un commentaire laissé sur notre page Facebook en relation avec ce reportage dit tout : « Même si j'avoue que la nudité peut me gêner et croyez moi, il n'y a aucun jugement de valeur dans ma démarche, les photos sont de toute beauté. Ce reportage vous rend un joli hommage. »
Mais ce regard est aussi très positif. Une vielle dame est venue voir l’exposition rien que pour voir les photos d’Annick, nue. Les photos des paysages ne l’intéressaient pas, m’a-t-elle dit. Elle est venue lui dire ceci : « j’admire vos photos, elles sont superbes et c’est magnifique ce que vous vivez. Continuez surtout ! ».
Le regard des Autres sur notre démarche naturiste et artistique varie donc d’une personne à l’autre selon sa propre perception de la nudité à commencer par la sienne.
Si nous prenions attention à ces regards, nous ôterions à notre démarche naturiste et artistique son authenticité, sa sincérité. Nous nous autocensurerions. Nous perdrions notre âme. Ce que nous refusons de faire.

Notre liberté d’être et d’agir n’est pas à brader.

jeudi 19 mars 2015

Le regard de l'Autre sur ma nudité (4)

C’est aussi cela la grandeur du naturisme.
Pourquoi ?

Parce que le naturisme m’a apporté, très jeune, à dès l’âge de 18 ans, un autre regard photographique sur la nudité, un regard noble, naturel, très respectueux ! Sans norme établie. 

La seule vraie norme est la personne nue, telle qu’elle est, non dictée par autrui. L’image qu’elle en donne est celle qu’elle a voulu lui donner ! La manière dont elle vit cette nudité est la sienne, non en regard des autres mais du sien. C’est ce que j’appelle la nudité émotionnelle et personnelle.

A tout âge, cette personnalité de la nudité, cette émotion de la nudité évolue, possède ses beautés qu’il faut savoir traduire en photographie. « L’exercice », pour moi est plus « facile » grâce au naturisme où cette nudité se partage avec des personnes de tous âges.

Parce que la présence dans un centre naturiste d’un photographe professionnel, à cette époque déjà, il y a quarante ans, permettait aux naturistes, femmes comme hommes, qui le souhaitaient de posséder des photographies d’eux, nu(e)s. Avec le côté confidentialité, à l’époque, du au fait que c’était le photographe qui développait ses photos, qui les reproduisait, garantissant en ce cas, l’anonymat des photographiés.

C’est donc à l’âge de 18 ans que j’ai commencé à poser ce regard photographique sur ces nudités naturelles et authentiques en répondant à toutes les demandes sans en faire une sélection.


Alors oui, une Dame de septante ans se photographie aussi bien intégralement nue qu’une jeune femme de vingt ans. 

Pour moi, ce qui compte en priorité, c’est ce désir d’une Dame d’être photographiée nue et de concrétiser son désir. Comme ce fut le cas d’Annick en 1986.

jeudi 12 mars 2015

Le regard de l'Autre sur ma nudité (2)

Bonjour tout le monde,

Ce témoignage arrivé sur notre email m’a aussi interpellée : 
« Nous portons, mon épouse et moi, un intérêt de plus en plus important au naturisme, depuis que nous nous sommes inscrits au club de notre secteur, il y a bientôt deux ans.

Jusqu'ici nous allions sur les plages naturistes à la belle saison et pratiquions le naturisme à la maison à l'abri des regards. Nous évoluons et sommes heureux maintenant de partager ces moments de naturisme avec des amis.
Ce qui me touche dans ce blog, c'est ce témoignage d'amour que vous nous offrez, et en particulier le regard affectueux de Jean-François, pour Annick, qui ne se lasse pas de la regarder nue et en plus, d'en faire de belles photos.
Je me retrouve bien dans ce regard bienveillant qu'Annick accueille avec simplicité.

Comme Jean François, j'ai beaucoup de plaisir à regarder mon épouse nue, même à l'approche des 60 ans.
Votre blog ne fait que me confirmer,  que le plaisir que j'ai à regarder mon épouse est normal, et que d'autres personnes le partagent. »

Je n’oublierai jamais ce premier regard de Jean-François sur ma nudité. Il n’était en rien inquisiteur, alléché, envahisseur. Il était tout simplement amical, admiratif, plaisant, apaisant. J’ose l’écrire, il était très valorisant parce que je ne me sentais en rien convoitée mais bien contemplée.

Je me souviens de ce premier regard qui s’est conclu par ces mots « surtout, ne te rhabilles jamais ». Depuis, je vis nue à la maison 365 jours par an.

Au fil des années, ce regard de Jean-François sur ma nudité est resté le même et je m’en enchante toujours. J’aime le voir me contempler nue et me dire ces mots doux « que tu es belle. »

C’est surtout lorsque la foudre s’est abattue sur ma nudité que ce regard contemplatif a été vital pour moi. Ce corps meurtri, il le regardait toujours avec cette lueur dans les yeux et cela m’a donné le courage de me battre. Et surtout de continuer à vivre nue.

Ce regard, il le traduit au travers ces magnifiques photos qu’il fait de moi, nue, depuis maintenant 28 ans. C’est en voyant celles qu’il a réalisées de moi à Lanzarote, en 2013, que je m’en suis rendue vraiment compte. Cette nudité meurtrie, il ne cessait de la photographier, d’en faire des photos pleines de vie, de force, d’intensité. Et lorsqu’il a décidé de les exposer dernièrement, je me suis rendue compte de la portée des paroles de plusieurs visiteurs « c’est fou comme il est fou amoureux de toi » ou « cela pue l’amour ici ». Eh oui, cela existe encore.

Son regard et ses photos me suffisent pour le comprendre, sans qu’il faille pour cela des mots, des fleurs, des cadeaux.

Mais ce plaisir est aussi le mien de le regarder nu, depuis le jour où sur cette plage danoise, j’ai découvert et surtout osé poser mon regard sur sa nudité. Et malgré les années qui passent, ce plaisir reste indemne !


Quant au regard des autres sur ma nudité je m’en indiffère complètement. Celui de Jean-François me suffit et me comble pleinement.

Belle journée à vous.

samedi 7 mars 2015

Le regard de l'Autre sur ma nudité (1)

Une sympathique voisine, proche de la septantaine et bon pied bon œil, vient visiter notre exposition « Reviviscence ».

Nous l’accueillons et dès le hall d’entrée elle regarde avec admiration cette photo de moi agrandie en 40*60cm et encadrée dans un cadre de 70*90cm. Incontournable.

Elle se retourne alors vers moi et me demande : « cela ne vous fait rien que l’on vous voit toute nue ? » Je lui réponds spontanément « non, en rien du tout ! ».

En quoi le fait que qui que ce soit voit les photos de moi nue, en exposition montée conjointement avec Jean-François, puisse m’indisposer ?

Ce que souligne nos voisins et voisines et/ou connaissances, c’est qu’ils découvrent au travers nos photos d’exposition, ma nudité. Mais qui est en contrariété avec cette vision de ma nudité en réalité ? Moi ou le ou la regardant(e) ? 

Toujours ce rapport de la personne face à sa propre vision de la nudité.

Dés mes premières photos de moi intégralement nue, j’ai voulu les exposer dans mon appartement, non pour montrer ma nudité mais tellement j’étais heureuse d’avoir réalisé mon rêve de posséder des photos de moi, nue. En tuant, par la même occasion, un vieux démon : ma hantise sur ma nudité.

Je n’ai donc aucun problème que qui que ce soit regarde ces photos de moi, entièrement nue. J’assume pleinement ma pratique du naturisme, ma passion d’être aussi modèle nue. Ma nudité, je l’ai faite passée d’une hantise à un véritable art de vivre dont je ne vois aucune raison de la cacher !

Mais qu’en est-il du ou de la regardante ?


A suivre, …

lundi 26 août 2013

Se montrer nu ou être regardé nu ?

 Bonjour tout le monde,

Voilà une question intéressante qui m’a été posée récemment : est-ce  que le naturisme, c’est se montrer nu aux autres et/ou être regardé nu par les autres ?

Au risque d’en décevoir plus d’un(e), ce n’est ni l’un, ni l’autre.

 La nudité dans la pratique du naturisme n’est pas exhibitionniste et/ou voyeuriste. Et encore moins sexuelle. Elle est seulement et simplement existentielle. Elle n’est pas vécue pour se montrer nu(e) aux autres mais seulement pour le bien-être qu’elle nous apporte. Dans la pratique de la nudité collective en espace naturiste, la nudité n’est pas là pour être soumise au regard des autres mais bien pour partager ensemble un art de vie basé sur le bien-être individuel. Sans plus.

 Vous me direz que le regard des autres est quand même présent et qu’il faut pouvoir l’accepter. Certes. Mais, le regard des autres n’est pas une recherche, il n’est qu’une conséquence. Ce qui est totalement différent !

 Annick et moi vivons en permanence nus à la maison, 365 jours par an. Mais nous ne recevons jamais personne nus. Aucune de nos amies ou aucun de nos amis ne nous a jamais vu nus en réalité. Même nos amis naturistes ! Certes, les murs de notre maison sont couverts de photos d’Annick nue. Nos sites aussi. Mais ce ne sont que des photos.

 Notre nudité externe de la maison est strictement réservée à la pratique naturiste dans des espaces naturistes autorisés (plages, thermes naturistes, centres naturistes). La maison n’est pas un espace naturiste. C’est un espace privé où la nudité des autres n’est pas invitée, n’est pas justifiée. Et à la maison, nous n’imposons jamais notre nudité aux autres.

Et lorsque nous pratiquons le naturisme dans des espaces naturistes autorisés, nous n’y allons pas pour nous montrer nus aux autres, pour rechercher le regard des autres sur notre nudité mais seulement pour bénéficier de ces espaces naturistes pour passer quelques heures ou quelques jours dans un endroit agréable et profiter des lieux pour s’octroyer un maximum de bien-être. 

En fin de compte, à y réfléchir, la nudité des autres ne nous intéresse pas, ne nous concerne pas. Comme je l’écris souvent sur notre blog, cette nudité s’inscrit dans le paysage et revêt dès lors, un caractère paysager et naturel. Elle n’est pas un sujet de convoitise visuelle ou autre. Elle n’est convoitée en rien. Elle est là, un point c’est tout.
C’est là où certain(e)s ne comprennent pas notre vision des choses concernant la mixité sur les plages, comme au Danemark. Nous n’attachons aucune importance aux autres, qu’ils soient nus ou en maillot. Nous n’attachons aucune importance sur le regard que pourrait porter les autres sur notre nudité. Si nous sommes nus, c’est uniquement parce que nous avons envie de bénéficier du bien-être que cela nous procure en ce lieu. Que « l’autre » soit en maillot nous indiffère. Sa nudité ne nous apporterait rien de plus !

Donc, croire que la pratique du naturisme, c’est se montrer nu aux autres ou être regardé nu par les autres, c’est se tromper d’adresse.

jeudi 23 décembre 2010

Oser contempler le corps nu. (1)

Le magazine « Pratique des Arts » n°95 de ce mois de décembre 2010 consacre un dossier sur « le corps féminin mis à nu ».

Mon attention a été attirée par les propos du peintre François-Edouard FINET : « La beauté d’un corps vient de son unicité. J’aime la beauté naturelle, sans fard ni chirurgie. La beauté de la femme libre qui fait ses choix, veut plaire aux autres et se plaire à elle-même. » François-Edouard FINET s’étonne que le nu provoque tant de gêne et de détournements d’yeux : « agirait-il sur le spectateur comme un miroir de son inconscience ? » FINET pour qui, « le naturisme est génétique », ainsi que l’on retrouve le naturel dans la nudité. Au fond que l’on ose contempler un corps nu comme on le fait d’un simple paysage …

Il est bien là le fait : contempler le corps nu comme un simple paysage.

C’est ce que j’écris souvent mais lorsque je le dis à quelqu’un, il me rit au nez et ne me croit pas.

Et dans l’art, il y a deux contemplateurs : l’artiste d’une part, celui qui regarde son œuvre, d’autre part.
Ces regards ne sont pas nécessairement les mêmes. Ils sont souvent différents pour ne pas dire parfois opposés.

Pour moi qui photographie le corps féminin nu depuis tant d’années, je le contemple ni plus ni moins comme un paysage dont je peux photographier l’ensemble, comme un beau panorama, ou un détail qui attire mon regard, comme le pistil d’une jolie fleur.

Parce que comme un paysage, tout le corps féminin nu mérite que l’on s’y attarde, qu’on prenne le temps de le contempler car comme un paysage, il recèle de mille beautés et diversités.

Et lorsque l’on contemple le corps féminin nu comme un paysage, les mots changent de sens, ils quittent cette obsessionnelle connotation sexuelle qu’on lui colle facilement à la peau pour trouver toute la magnificence de la nature. Comme si la nudité était exclusivement sexuelle et ne pourrait pas avoir une autre raison d’être. Annick explique à merveille sur son blog artistique ce qu’elle appelle « ses nudités ».

J’oserai ajouter que comme un paysage, il est riche de contempler le corps féminin nu en été, comme en automne, comme en hiver, chaque saison apportant son lot de joliesses.
M’interdisant, personnellement, de photographier un corps féminin nu avant que sa propriétaire ait atteint l’âge de 21 ans.

Il est donc bien là l’esprit du nu dans l’art.
A suivre.

mercredi 10 février 2010

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 24)

La réalité la ramène à la raison. Il faut retourner dans son refuge de sable où je l’attends. Elle fait demi-tour, s’extrait de la mer.

Elle rebrousse chemin, passe à côté de corps sans les apercevoir, retrouve, sans délai, ma protection. A sa grande stupéfaction, elle constate en arrivant près de notre repère tranquille que je suis armé de mon appareil photo. Sans qu’elle puisse le moins du monde réagir, j’immortalise ce retour de la plage.

Cette photo a rejoint depuis lors son album, lui rappelle, à chaque fois, cette traversée infernale. Elle en retire, aujourd’hui, une grande fierté.

Arrivé auprès de moi, elle s’allonge précipitamment sur le ventre, soulagée d’être sortie de ce cauchemar, sans encombre. Lorsque je la félicite vivement de sa réussite, de son audace, et de son passage dans le monde naturiste, elle ferme les yeux.

Elle ressent à l’intérieur d’elle-même un soulagement, une fierté d’avoir atteint le sommet d’une montagne que depuis sa plus tendre enfance, elle considérait comme infranchissable. Sa vie venait de rompre avec son passé, de prendre un nouveau cap.

Depuis lors, nous fréquentons régulièrement les plages naturistes hollandaises (Texel, Bergen aan zee, Egmond aan zee, Zandvoort, Noordwyk, Renesse, Groede).

Annick s’y repose, s’y promène, nage tranquillement dans la mer, discute naturellement avec les autres naturistes présents, femme comme homme. Le regard des autres sur sa nudité n’est plus un handicap mais une normalité. Elle-même ne détourne plus le sien sur les autres.
Le corps nu n’est pas attraction mais habitude saine.


A suivre

lundi 27 avril 2009

Rêverie


J'avais envie de vous faire partager cet instant d'intimité de ma muse, Annick, plongée dans ses pensées, assise à la fenêtre de notre cuisine.

samedi 18 avril 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 11)

Cette extériorisation de notre nudité devient, préalablement, une décision de couple. Car elle soulève bien des questions personnelles. Auxquelles, ouvertement et sans aucune censure, il faut apporter réponses.

Je l’écris depuis le début : on ne joue pas à un jeu de hasard avec la nudité, qu’elle soit interne ou externe à la sphère privée du couple. C’est un sujet sensible mais qui ne peut être source de silence ou d’interdit.

Comme les articles précédents tentent de l’expliquer, il faut, en premier lieu, accepter sa propre nudité avant de la faire partager avec l’Autre (le conjoint). Et inversement.
Sans que sa propre nudité n’indispose l’Autre dans la sphère privée du couple. Ce qui peut être le cas. Et inversement.

Pour Annick et moi, cette question ne se pose plus depuis que nous avons uni nos vies. La nudité privée est réciproque.

Dès que le couple a accepté cette nudité « privée », unique ou partagée, qu’il s’est familiarisé à celle-ci, il faut encore accepter l’idée de pouvoir l’extérioriser avant de savoir comment et où.

Parce que oui, même si cela peut faire sourire certaines ou certains, au départ, ce n’est pas la même chose, c’est une autre étape qui va voir la personne, le couple, se confronter à d’autres regards qui n’appartiennent plus, cette fois, à la sphère privée.

Ces fameux regards des autres, sur soi et sur l’Autre !

Se pose alors la première question de savoir ce que l’un et l’autre sont prêts à extérioriser de leur nudité. Et respecter ce choix.

Et c’est là que j’apprécie, comme je l’ai déjà écrit, la mixité car elle permet à chacun et chacune de vivre ou d’évoluer, comme il ou elle en ressent l’envie, vers la nudité partielle ou intégrale. Et à son rythme.

C’est en cela que je respecte tant les dames qui portent le bikini, que celles qui optent pour le monokini, que celles qui pratiquent la nudité intégrale. Elles vivent en harmonie avec elle-même.

La pratique du monokini n’est-elle pas la moitié du chemin parcouru vers cette nudité intégrale ?

A suivre, …

Photo d'Annick réalisée en studio en février 2008.

lundi 6 avril 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 8)

La mixité,
la cohabitation idéale.

Porte le maillot celle ou celui qui veut, n’en porte pas celle ou celui qui n’en a pas envie.

J’apprécie énormément cette saine mixité en vigueur sur les plages danoises.
Parce qu’elle correspond à ma vision du respect du droit de chacun d’être et d’agir au niveau de sa « tenue » de plage. Conforté par le fait que cette mixité est vécue dans ce que j’apprécie plus encore : le respect mutuel de l’autre.

Et « l’autre », au premier degré, est le conjoint qui peut admettre notre idéal naturiste mais ne pas vouloir se montrer nu(e) devant d’autres personnes. La mixité est alors une réponse, parmi d’autres, à la question régulière de la pratique du naturisme au travers du couple.

Combien de fois je ne lis pas qu’un naturiste doit aller seul à la plage naturiste parce que son épouse refuse, et c’est parfaitement son droit, de se mettre nue devant les autres !
Sur les plages danoises, il est courant de rencontrer un couple dont l’homme est nu et la femme est en maillot ou inversement.

Lorsque « l’autre » s’étend au cercle familial lorsqu’il s’agit pour les parents de pouvoir vivre leur naturisme de plage avec leurs enfants, sans que les enfants n’acceptent d’adopter la nudité. C’est d’ailleurs « amusant » de voir un couple nu jouer au ballon sur la plage avec leurs enfants en maillot de bain.

Enfin, lorsque ce respect des autres passe par l’acceptation du fait que l’on puisse porter un maillot ou pratiquer le monokini parce que ces autres ne désirent pas vivre nu(e)s. Ce qui est leur droit absolu.

Cette mixité permet alors une cohabitation pacifique et bénéfique pour tout le monde, entre naturistes et non naturistes, qui évite cette ghettoïsation des plages naturistes faisant de la pratique de la nudité sur les plages, une marginalité. Et des naturistes, des êtres à part parquer dans des espaces délimités par des poteaux quant il ne s’agit pas de barbelés !

Grâce à cette mixité sur les plages danoises, la nudité est reconnue comme une pratique normale, au même titre que le port du maillot. Elle n’est donc pas diabolique ou militante. Elle est, tout simplement, vécue, librement et naturellement.

Cette mixité présente aussi l’énorme avantage de laisser le temps à la personne qui le désire (femme comme homme) d’aller vers la nudité publique, à son rythme, à son ressenti, à sa façon. En ne lui imposant, surtout, rien. La nudité est quelque chose de personnel, de profond qui ne justifie aucune imposition.

Cette mixité permet aux non naturistes de discourir avec des naturistes, ouvrant ainsi à ces derniers l’occasion de faire connaître les bienfaits de leur art de vivre. Et peut-être, grâce à cet échange de vue, de susciter des « vocations ».

Utopie ?

À suivre, …

vendredi 3 avril 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 7)

La nudité en plein air !

Peut-on vivre le naturisme hors des murs de la maison sans qu’il soit nécessairement public et collectif ?

La réponse est affirmative.
Le naturisme étant bien plus étendu que la restriction d’une simple définition.

Car il n’est pas donné à tout le monde d’affronter, du jour au lendemain, le regard des autres sur son corps dévoilé. Il reste des notions personnelles de pudeur, de timidité ou tout simplement de hantise de ces regards étrangers.

Il peut y avoir, aussi, une notion de vision réservée à l’être aimé, cette nudité étant une sorte d’offrande sacrée et intime au conjoint qui ne peut s’extérioriser.
Et surtout, il faut une certaine dose de confiance en soi.

C’était le cas d’Annick lorsqu’elle a été, pour la première fois, confrontée à la possibilité de vivre nue en plein air.

C’était en juillet 1987, à Skiveren, au Danemark.

L’avantage de ce pays est que la liberté vestimentaire, sur les plages, est un principe.
Il n’y a pas de « zone » naturiste délimitée par des panneaux ou des barbelés, comme dans certains autres pays d’Europe.

Porte le maillot celle ou celui qui veut, n’en porte pas celle ou celui qui n’en a pas envie.

La mixité est la règle.

A suivre, … (La mixité).

mercredi 1 avril 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 6)


Annick est partie chercher des verres dans la cuisine. Ma surprise fut de la voir revenir un plateau à la main garni de deux verres et d’une bouteille de rosé frais. Elle était là, simple, naturelle, nue, resplendissante de féminité. Un rayon de soleil venait d’entrer dans la pièce.

J’ai fait mine de rien. Elle déposa nerveusement le plateau sur la table du salon avant de se mettre à tourner sur elle-même comme une ballerine en me demandant : et maintenant, qu’en penses-tu ?

J’ai pris alors le temps, tout le temps de la regarder de la tête aux pieds, lui laissant le même temps pour en capter le ressenti.
Je n’ai pas le droit de savoir, me dit-elle, impatiente.
C’est alors que je lui ai répondu : « surtout ne te rhabille jamais».

C’était le départ du développement d’une ouverture d’esprit s’éloignant des conformismes, des tabous et autres hypocrisies. L’autre est là, en toute simplicité corporelle, vaquant à ses occupations. La vision du corps sans voile devient naturelle et appréciée.

Aujourd’hui, la nudité est toujours présente à la maison avec ce même regard élogieux sur le corps de l’autre. J’aime regarder ma muse déambuler, dessiner, peindre, sculpter, tricoter, préparer le dîner, se reposer dans sa chaise longue sur la terrasse fleurie, discourir avec moi, …, en habit d’Eve.

Annick ne craint plus mon regard, elle s’en valorise comme au premier jour. Son corps dénudé n’est plus, pour elle, un objet de convoitise mais la composante d’une certaine forme de bonheur et de félicité. Malgré les années qui passent, je ne désire la voir que nue et Annick continue à m’offrir ce corps sans voile, acceptant, l’un comme l’autre, la mutation due au temps.

Mais mon regard sur sa nudité lui a permis de s’ouvrir vers d’autres regards. Une véritable intime errance vers son épanouissement conjugué au féminin singulier.

Cette nudité n’est donc pas, comme certaines personnes le pensent trop souvent, obligatoirement publique pour appartenir au naturisme. On peut être naturiste, aimer vivre nu chez soi sans devoir fréquenter les plages ou les espaces naturistes. Le naturisme reste avant tout, un état d’esprit, une approche de vie, un art de vivre à part entière.

Peut-on, dès lors, vivre le naturisme hors des murs de la maison sans qu’il soit nécessairement public et/ou collectif ?

A suivre, …(Danemark et naturisme).

mercredi 25 mars 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 5)


Annick m’écoutait, me questionnait mais hésitait.
Quel regard je porterai sur elle lorsque la barrière du vêtement sera tombée ?

A mes yeux, la barrière du vêtement n’est qu’une hypocrisie qui permet de montrer une image de soi sans pour cela correspondre à son reflet intérieur. Ne dit-on pas que l’habit ne fait pas le moine.

La nudité ôte cette hypocrisie et ouvre la route à la reconnaissance, à la simplicité, à l’égalité. Que l’on soit juge, avocat, ministre, employé, jardinier, curé, lorsque l’on est nu, cela ne se voit pas. Nu, c’est son savoir être qui devient le lien social.

Et comme le dit le Prince Laurent de Belgique dans une interview qu’il a accordé à deux étudiants en journalisme, « il n’y a que nu que tu es toi-même » et c’est bien vrai.

Au-delà, quel autre regard peut-on porter sur quelqu’un qui assume sa vie de cette magnifique façon que celui de l’admiration de voir cette amie aller à la rencontre d’elle-même et à la recherche des réponses à ses interrogations.

Il restait la dernière question : Qu’est-ce que cela m’apportera de l’avoir vu nue ?

La fierté d’avoir pu offrir à une véritable amie le savoir qui lui apportera toujours plus de richesses personnelles que l’ignorance. Sans dire que mon admiration sera plus forte encore parce qu’elle aura été, une nouvelle fois, au-devant de ses montagnes. Peut-être que cela changera sa vision des choses et lui permettra de franchir d’autres sommets.

Et lorsque Annick saura, avec le temps, c’est elle qui se rira d’elle.

A suivre, ...

mercredi 18 mars 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 4)

Mais pourquoi cette idée ?

  1. Tout d’abord parce qu’elle ne s’était pas encore faite à l’idée qu’il pouvait être normal de vivre nue chez soi !

    Les murs de la maison, disent les danois, sont inviolables. On y vit de ce que l’on veut y vivre, disent-ils, dans la confidence des habitants des lieux. Et cela ne regarde personne d’autre.

    Je n’avais donc aucune raison de me moquer de sa manière de vivre entre ses murs. C’est le respect d’un droit individuel qui ne regarde que soi.
    Que je n’avais, en aucune manière, à juger. D’autant que je la partageais.

  2. Ensuite, parce qu’elle manquait de confiance en elle et en son corps. En cela, sur base de ses « confidences », je la comprenais.

    Mais, le naturiste s’indiffère de la « norme » corporelle. Le droit à la nudité ne se base pas sur des critères de beauté mais sur le droit de vivre sa vie à sa seule envie.

    Le naturisme est un art de vivre ouvert à toutes et à tous. Il n’est pas réservé aux modèles de beauté. Qu’est-ce, par ailleurs, un « modèle de beauté » ?

    Je n’avais donc pas, non plus, de raison de me moquer de son physique car dans le naturisme, je côtoyais des brunes, des blondes, des minces, des plus corpulentes, des jeunes, des dames âgées, … et aussi, tout à leur honneur, des personnes handicapées.

  3. Annick s’interrogeait aussi sur le fait que nous n’étions que des amis même si notre amitié était sans oeillère. S’appuyant sur le fait que la nudité est intime parce qu’elle dévoile tout de soi à l’autre.

    Heureusement que l’amitié ne se forge pas sur l’habit ou la nudité.
    L’amitié s’enrichit sur d’autres vecteurs, sur le partage de certaines valeurs, de certaines passions, d’un certain idéal.
    Elle permet aussi et surtout d’apporter à l’autre son écoute, son soutien, sa libre expression, les réponses à ses interrogations. Quel qu’en soit le domaine.

    Dans le cas présent, l’objectif n’est pas de la voir nue mais de lui permettre de vraiment connaître l’effet d’un regard autre que le sien sur sa nudité. Pour qu’elle puisse en faire son propre jugement. Il faut bien quelqu’un qui lui permette de le réaliser. C’est, aussi, à cela que sert un ami digne de ce nom.

  4. Vient alors la question habituelle : la nudité à une connotation sexuelle.

    Le naturiste fait une distinction importante entre la sexualité et la nudité.
    Pour le naturiste, la nudité ne rentre pas dans le contexte précis de la relation sexuelle mais dans son art de vie. Et cette nudité, comme elle, peut-être vécue loin du regard des autres.

    Savoir ce qu’apporte le regard de l’autre sur son corps dévoilé n’a pas de relation avec la sexualité mais avec une interrogation intérieure. Un désir de savoir.

    Qui plus est, cette connotation sexuelle peut parfaitement s’attacher à l’habit. Qu’un décolleté profond ou une mini jupe peut susciter le désir sexuel ! Un regard aussi.

    Mais nous ne sommes pas dans un contexte naturiste dans ce cas, mais dans un contexte de séduction de l’autre.
    Le naturiste ne cherche pas, au travers la nudité, à séduire mais simplement à vivre librement sa vie.

    A suivre.

mardi 3 mars 2009

Au fil de l'Eau



J'ai le grand plaisir de vous annoncer la naissance de mon tout nouveau site naturaliste "Au fil de l'Eau".

Site dédié à toutes celles et ceux qui savent apprécier la belle nature et ses composantes.

Bonne visite : http://aufildeleau.jepose.org/

vendredi 6 février 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 3)


Le regard de l’autre !

Pour Annick, c’était une véritable hantise. Vivre nue, seule dans son appartement, était une chose. L’idée d’être nue devant quelqu’un d’autre en était une toute autre.

La nudité est une vérité. Une réalité de ce que l’on est, pas de ce que l’on veut faire paraître sous le couvert de l’habit.
Qui plus est, la nudité, encore de nos jours, s’apparente à tant et tant de préjugés, de tabous, d’interdits.

J’avais beau lui dire que le regard d’un autre n’est qu’un regard. Que le seul regard qui importe est celui qu’elle porte sur son corps au travers son reflet dans le miroir.
Car il est bien là, ce premier regard qui fait que l’on accepte sa nudité ou non. Oser se présenter nu(e) devant sa grande glace et se dire : je suis comme je suis et je l’assume totalement.

Pour ensuite apprendre à en connaître les messages au travers cette nudité individuelle. Pour en faire, petit à petit, son art de vivre. Avant de le partager, peut-être, avec l’Autre.

Annick me répondait que je n’y connaissais rien de ces regards qui, même habillée, déshabillent, agressent mais rarement valorisent ! Elle revenait souvent sur ce sujet lors de nos conversations mais, je n’essayais pas de la convaincre, me disant que seule la circonstance ferait qu’elle s’habituera à ce regard de l’autre sur sa nudité. Et qu’en attendant, qu’elle continuerait à s’habituer à son nouveau genre de vie, à ce face à face avec elle-même.

Cette circonstance de la vie arriva un après-midi d’été. Je lui rendis visite pour la première fois en son appartement. Je lui avais préalablement téléphoné pour la prévenir de mon passage afin d’éviter l’effet néfaste de surprise. Néfaste dans le sens où l’effet de surprise pourrait engendrer un blocage fatal à sa démarche, à son émancipation.

Annick m’accueillit avec bonne humeur, me présenta le propriétaire en toute amitié. Lorsque nous avons rejoint le salon, je lui fis part de mon étonnement de la trouver habillée. Elle rougit comme une belle tomate mûre et me dit d’arrêter de me moquer d’elle. Ce qui n’était franchement pas le cas.

Mais pourquoi cette idée ?

A suivre, ...

lundi 26 janvier 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? Partie 2


Le regard de l’autre !

Force est de constater que la nudité est trop souvent liée, systématiquement, à la notion de naturisme। Comme si cette union était obligatoire et incontournable pour faire de nous un naturiste !

Nous avons, dans la première partie, expliqué qu’elle ne l’est pas mais qu’elle peut, selon les circonstances, le devenir। Toute la question se pose de savoir pourquoi et comment en vient-on à vivre nu।

Le pourquoi, à notre avis, reste et restera une question personnelle। Et au-delà un art de vie de la personne et/ou du couple।
Le comment est, souvent, un concours de circonstance dans un contexte particulier appartenant à chacun d’entre nous।

A l’âge de 30 ans, Annick quitta un ménage au sein duquel elle vivait de négation constante d’elle। Elle rêvait de ce lieu où elle pourrait vivre librement d’elle। La maison de la liberté d’expression, aimait-elle me dire. Elle aménagea dans un appartement sympathique et spacieux, empli de lumière naturelle, qu’elle s’empressa de garnir de plantes d’intérieur. Naturiste avant l’heure ?
Immédiatement, elle y a invité sa nudité, en toute normalité। Parce qu’elle lui procurait un sentiment de bien-être et surtout de liberté, d’évasion।

A cette époque, nous ne vivions pas ensemble mais étions de vrais amis de longues dates। J’avais, à ce titre, la chance et la joie de partager, lors de longues conversations, ses « confidences » et surtout ses multiples interrogations। C’est que sortir de la nuit pour vivre en pleine lumière n’est pas chose aisée। Cela suscite bien des interpellations et pour Annick, pour qui chaque fait et geste se soldait par un reproche, elle se posait toujours la question de savoir si ce qu’elle réalisait ou entrevoyait de réaliser dans sa nouvelle vie était convenable.

C’est lors de l’une de nos conversations qu’Annick me fit part de sa nouvelle façon de vivre en son appartement et me demanda ce que j’en pensais। Je ne pouvais que l’applaudir et l’encourager à continuer puisque, en tout état de cause, cette initiative venait d’elle, seule, et, à mes yeux, était tout à fait légitime et naturelle. J’étais, pour ma part, déjà un adepte du naturisme et, en plus, photographe spécialisé dans le nu féminin. Ce qu’Annick, évidemment, savait.

Je partageais donc sa vision des choses et lorsque quelques mois plus tard nous avons unis nos destinées nous avons, immédiatement et sans autre pensée, commencé à vivre nu en nos murs। Sans que cela ne développe un questionnement entre nous।

Même s’il fallut à Annick un temps d’adaptation pour s’habituer à mon regard sur sa nudité.