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vendredi 17 juin 2011

Balade en Haute-Sambre (20)

 Continuons notre promenade découverte dans la collégiale de Lobbes.

Pour accéder dans la crypte, suivant l’itinéraire sud de ma promenade en la collégiale, il faut emprunter le couloir sud.
Là, vous serrez étonnés de découvrir un imposant crucifix en bois encadré d’un sarcophage et d’un couvercle de sarcophage en pierre.

Grâce aux explications très détaillées que m’a donné Monsieur Jean MEURANT, historien, hier, je peux vous en donner quelques détails.

 Le sarcophage de droite a été extrait du bas côté sud entre la chapelle Saint-Ursmer et les escaliers de la crypte. Il y en avait plusieurs et on ne sait à qui attribuer celui-ci. Il est donc anonyme.

Le couvercle de sarcophage de gauche est attribué à Saint Abel, irlandais et évêque de Reims. On voit parfaitement sur la photo, la croix d’évêque et la croix irlandaise. Et sur les côtés, vous pouvez voir douze motifs floraux qui symbolisent la mission évangélique de celui-ci. Pourquoi me direz-vous ? 12 motifs en regard des 12 apôtres. Comme quoi la symbolique est importante.

Je n’en suis pas à me première découverte.
 Ici, à droite, scellée dans le mur, une
 pierre tombale.

En entrant dans la crypte, sur ma gauche, je découvre une pierre gravée. C’est une pierre dédicatoire à Sainte-Reynelde dont nous avons déjà parlé concernant la chapelle Saintes Brigitte et Reynelde.
Voici ce que l’on peut y lire :

SAINTE REINELDE ENFIN C'EST AU GOUT DE CES EAUX 
OU J'ESPERE TREUVER REMEDE A MES MAUX
ESPOIR DES AFFLIGES, NOBLE VIERGE ET MARTYRE
PUISQUE VOTRE CREDIT ECLATE DANS CE LIEU
M'Y VOICI PELERIN, SAUVEZ MOY, OU J'EXPIRE
CAR JE N'ATTENS SECOURS QUE DE VOUS ET DE DIEU
AH DONC GUERISSEZ MOY, ET TOUT CE VASTE GLOBE
EN RENDRA PLUS D'UN HONNEUR A VOTRE IMAGE A LOB

 Toujours sur notre gauche, nous trouvons une porte derrière laquelle se trouve un puits antique.


Sous l'ancien régime, avant 1794, une place Ste Reynelde s'étendait devant la façade de l'abbatiale St Pierre. A l'extrémité de cette place publique une fontaine dédiée à la sainte déversait une eau que les pèlerins emportaient souvent pour leurs ablutions dans l'espoir d'obtenir la guérison de leurs maux.

Après la période d'occupation française et la destruction complète de l'abbaye, ce culte populaire fut transféré dans la crypte de la collégiale là où se situait un puits aux origines mystérieuses. Depuis lors, une pompe permet aux pèlerins actuels de s'approvisionner de cette eau dédiée à Ste Reynelde. La tradition a ainsi pu se poursuivre jusqu'à nous.

A suivre, ...

jeudi 2 juin 2011

Balade en Haute-Sambre (17)

 Poursuivons notre visite de la collégiale de Lobbes.
 Nous quittons la chapelle Saintes Brigitte et Reinelde pour nous engager dans le bas-côté droit pour nous rendre à la chapelle St Ursmer.
 Dans le bas-côté droit vous pourrez y voir ce confessionnal en bois.
 Mais à vos pieds, vous trouverez plusieurs pierres tombales datant pour la plupart du 18ème siècle.


 A votre droite, vous découvrez la chapelle Saint Ursmer.


Ursmer de Floyon est décédé en 713, Il fut élevé sur les autels par la ferveur des pèlerins en 823.

 L'autel est en pierre blanche et est constitué d'un massif faisant table et d'un retable en forme de croix grecque soutenu par 4 petites colonnes de marbre.



 Au centre, nous trouvons Saint Ursmer portant la mitre et la crosse.
A ses pieds, on peut voir un dragon aux ailes repliées.

Ursmer est né à Floyon, un hameau du petit village de Fontenelle (province de Namur en Belgique à quelques kilomètres de chez nous) vers 645. Ursmer reçoit une éducation soignée et est engagé dans le sacerdoce par Saint Amand.

Sa haute compétence fut reconnue par les puissants de son temps. Principalement, c'est le prince Pépin de Herstal
qui lui suggéra de développer l'initiative de Saint Landelin à Lobbes : d'un rassemblement de cellules faire un puissant monastère susceptible de constituer une bonne base de départ pour l'évangélisation de la Flandre.



 A la main droite, il porte un livre ouvert sur lequel est érigée une église romane

A gauche, nous voyons le pape Serge 1er accordant la dignité épiscopale à Saint Ursmer sous les yeux de quatre autres moines.

C'est dans le domaine ecclésiastique qu'Ursmer reçut les appuis les plus déterminants. D'abord la qualité d'évêque régionnaire qui lui conférait des pouvoirs et une autonomie d'action.

Le pape Serge 1er qu'il visita vers 697 lui assura l'exemption de son monastère qui ne dépendrait ni de l'évêché de Cambrai ni de l'évêché de Liège mais uniquement de Rome. Et, pour corser le tout, il lui remit quelques reliques de Saint-Pierre ce qui ferait de Lobbes un centre de pèlerinage annuel en l'honneur du premier pontife de la chrétienté.


 A droite, l'on peut voir deux personnages mitrés qui déroulent le plan d'une église et un maçon et un charpentier qui symbolisent le chantier de la construction  de la première église.

En effet, Homme de terrain, missionnaire expérimenté, originaire de la région et appuyé par les plus hautes autorités de l'occident du 7ème siècle, Ursmer développa rapidement l'institution de Lobbes.





 Dans le mur en face de l'autel, les restaurateurs de 1950 ont scellé la pierre tombale des abbés Gille de Montigny (1409-1447) et Jean Ansiel (1447-1472). 

A suivre dans le prochain article consacré à cette collégiale la visite de sa superbe crypte.

samedi 28 mai 2011

Balade en Haute-Sambre (16)


 Revenons, si vous le voulez bien, à notre ballade en Haute-Sambre que nous avions abandonné en mars dernier au niveau de la présentation de la collégiale de Lobbes.


A partir du plan, nous arrivons sur notre gauche à la chapelle des saintes Brigitte et Reinelde.
Cette chapelle fut dédiée dès le XIème siècle à Saint Thomas. Vers 1865, elle fut connue sous le nom de chapelle Sainte Barbe. C’est depuis le début du 20ème siècle qu’elle est connue sous le nom de chapelle sainte Brigitte et Sainte Reinelde.
Examinons cette chapelle.
L’ensemble est taillé et sculpté dans de la pierre blanche. Il est composé d’une table sur laquelle est posée le retable formé de trois portiques. Chaque portique repose sur deux colonnettes.

 Sur le portique de gauche, on y trouve la statue de Sainte Brigitte.
Brigitte de Kildare a vécu en Irlande aux Vème et VIème siècle. Elle y aurait fondé un monastère pour y accueillir tant les hommes que les femmes. Son souvenir y est resté très populaire dans les campagnes où les paysans l’invoquent pour protéger la vie agricole.
A Lobbes, cette sainte semble être connue depuis les premiers temps. Le trésor de la collégiale contient un reliquaire de la sainte. Elle est fêtée le 1er février.
La statue, comme le montre la photographie comprend en autre le chapelet dont on connait l’origine irlandaise. Brigitte aurait organisé sur ces grains la récitation des prières les plus courantes. Sa pratique fut répandue durant les croisades comme prière mariale.

Sur le portique du centre, on trouve en bas un faux tabernacle décoré d’un agneau crucifié et d’un porte étendard.

Sur le portique de droite, on y trouve la statue de Sainte Reinelde


Reinelde et sa sœur Gudule sont les filles du comte Witger et de sainte Amalberge. Elles  avaient décidé de consacrer leur vie à Dieu et de confier leur héritage au monastère de Lobbes où étaient enterrés leurs parents. Après trois jours de refus et de patience la porte du monastère s'ouvrait miraculeusement devant Reneylde qui pu ainsi accomplir son vœu et offrir ses biens à Saint-Pierre, patron de l'abbaye de Lobbes.

Après un voyagé jusqu'en Terre Sainte ( d’où le bâton de pèlerin que l’on voit sur la photo), Reneylde rentra à Saintes où elle subit le martyr vers 680. La palme d’or en main que l’on voit sur la photo est le symbole de ce martyre. Lorsque vers 680 les barbares envahirent la région, Reynelle les attendit courageusement devant l’autel de l’église. Ils la décapitèrent. On éleva ses reliques en 866.
Sainte Reneylde est fêtée 16 juillet.

A Lobbes, des fidèles viennent puiser l'eau du puits de la crypte et invoquent la sainte pour les ulcères, les humeurs et toutes les maladies de la peau.

En son sous-sol, cette chapelle renferme la tombe la tombe de l’abbé Heriger (+1007)

A suivre, …

mardi 1 mars 2011

Balade en Haute Sambre (15).

Poursuivons cette série d'article en vous présentant la collègiale de Lobbes.

Notre objectif n’est pas de vous raconter l’histoire de cette collégiale, ce serait trop long. Nous désirons par contre vous faire visiter en photo l’intérieur de cette collégiale de Lobbes. En vous indiquant par ce plan, l'endroit où nous nous trouvons.

Nous pénétrons dans la collégiale par l’entrée latérale.
En passant à l’emplacement des anciennes tribunes, nous trouvons sur notre droite ce crucifix.
Avançons un peu et nous arrivons dans le transept occidental et sa croisée.
La plupart des églises possèdent à la suite de la nef un vaisseau transversal appelé le transept.
La collégiale de Lobbes possède deux transepts à chaque extrémité de la nef.
Nous, nous nous trouvons donc dans le transept occidental.

Le point d’intersection de la nef et du transept est appelé la croisée du transept.

A notre droite, nous voyons en haut la tribune.
En bas, nous sommes dans la tour Narthex et voyons la porte donnant sur le porche extérieur. La deuxième photo montre cette même porte vue de l'extérieur.

Dans le bas de la tour Narthex, nous avons sur notre droite une porte qui permet d’y monter.

Pour prendre place dans la tribune et bénéficier d’une superbe vue sur la nef, l’avant chœur, le chœur et le chevet.
Nous y reviendrons et je remercie au passage Monsieur Jean MEURANT qui m’a autorisé à y accéder.

Revenons dans la croisée du transept occidental et regardons en face de nous. Nous trouvons une porte murée qui est en fait l’ancienne porte d’entrée des moines.
A Lobbes, dans l'église Saint Ursmer, il y avait 15 chanoines.
Ils habitaient dans des maisons tout autour de l'église collégiale.

Ils se réunissaient souvent dans le chœur de la collégiale pour former un chapitre.Dans le chœur de la collégiale, chaque chanoine disposait d'une grande chaise: une stalle en bois.


A Lobbes, cette stalle n’existe plus mais, pour vous montrer ce que c’est, je prendrai la stalle de la collégiale Saint-Pierre et Paul de Chimay.
Ces stalles prenaient beaucoup de place dans le chœur de la collégiale.

Lorsque vous visitez une église que vous ne connaissez pas, vous pouvez découvrir qu'elle est (était) une collégiale parce que le chœur est fort long et qu’il y a encore des stalles dans le chœur.

Autour de l'église, vous lirez des noms de places publiques, de rues ou de maisons avec les mots « chanoine » ou « chapitre » ou « collégiale ».

A suivre, ...

vendredi 17 décembre 2010

Balade en Haute Sambre (14).

Dans l’article précédent sur le sujet, je vous parlais de l’écluse de Lobbes. Mais Lobbes, c’est aussi sa collégiale sur laquelle je vais consacrer plusieurs articles.

Lobbes est mondialement connue pour sa collégiale Saint Ursmer qui est érigée sur une colline rocheuse surplombant la vallée de la Sambre (40 m).
Du parvis de la collégiale, on aperçoit les petits bois et les bosquets qui montent à l'assaut des pentes.

Quelques bâtiments du 18e siècle sont demeurés dans la vallée : ils évoquent les grandeurs passées de l'abbaye Saint-Pierre de Lobbes.
Mais qu’est-ce qu’une collégiale ?

Nous nous sommes posés la question.

Dans le passé, dans un village ou une ville, l'église était confiée à un seul prêtre, c’était le curé.
Cette église était paroissiale et le village était la paroisse.
Dans une ville, une église était parfois confiée à plusieurs prêtres: ce sont des chanoines.
Un groupe de chanoines dans une église, c'était un COLLEGE.

Lorsqu'ils se réunissaient dans le chœur, ils faisaient un CHAPITRE.
Aujourd'hui on parle encore d'un collège de chanoines.
Aujourd'hui, il n'y a plus de véritable collégiale à Lobbes car il n'y a plus de collège de chanoines et il n'y a même plus un curé dans chaque paroisse.
L'église de Lobbes qu'on appelle « collégiale », est donc un souvenir du temps passé.