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mercredi 10 février 2010

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 24)

La réalité la ramène à la raison. Il faut retourner dans son refuge de sable où je l’attends. Elle fait demi-tour, s’extrait de la mer.

Elle rebrousse chemin, passe à côté de corps sans les apercevoir, retrouve, sans délai, ma protection. A sa grande stupéfaction, elle constate en arrivant près de notre repère tranquille que je suis armé de mon appareil photo. Sans qu’elle puisse le moins du monde réagir, j’immortalise ce retour de la plage.

Cette photo a rejoint depuis lors son album, lui rappelle, à chaque fois, cette traversée infernale. Elle en retire, aujourd’hui, une grande fierté.

Arrivé auprès de moi, elle s’allonge précipitamment sur le ventre, soulagée d’être sortie de ce cauchemar, sans encombre. Lorsque je la félicite vivement de sa réussite, de son audace, et de son passage dans le monde naturiste, elle ferme les yeux.

Elle ressent à l’intérieur d’elle-même un soulagement, une fierté d’avoir atteint le sommet d’une montagne que depuis sa plus tendre enfance, elle considérait comme infranchissable. Sa vie venait de rompre avec son passé, de prendre un nouveau cap.

Depuis lors, nous fréquentons régulièrement les plages naturistes hollandaises (Texel, Bergen aan zee, Egmond aan zee, Zandvoort, Noordwyk, Renesse, Groede).

Annick s’y repose, s’y promène, nage tranquillement dans la mer, discute naturellement avec les autres naturistes présents, femme comme homme. Le regard des autres sur sa nudité n’est plus un handicap mais une normalité. Elle-même ne détourne plus le sien sur les autres.
Le corps nu n’est pas attraction mais habitude saine.


A suivre

mercredi 27 janvier 2010

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 23)

A contrecœur, Annick prend pas vers cette ligne de mer qu’elle devine à peine. Sous ses yeux défilent une très large bande de sable jaune sur laquelle des dizaines et des dizaines de corps d’hommes et de femmes nus sont allongés. D’autres femmes et hommes se promènent dans le même apparat, déambulant entre les corps allongés ou au bord de l’eau.

Elle prend conscience qu’il va falloir traverser cette plage, passer entre ces personnes nues, ce qui lui donne le vertige. C’est que ces corps ont tous la même particularité. Leurs propriétaires sont munis d’yeux donc d’un regard.

Un frison lui glace le corps de la tête au pied à la simple pensée que dans quelques secondes tous ces regards vont se porter sur elle, scruter ses formes, fixer les balancements de sa poitrine, détailler son jardin secret.
Et à l’évidence, pour Annick, ces regards seront moqueurs, dédaigneux, vicieux. Inquisiteurs.

Elle est terrifiée, paralysée de craintes. Mais elle se refuse de faire demi-tour, elle veut coûte que coûte y arriver, elle tient à savoir, quitte à ne plus jamais recommencer de sa vie.

Sa démarche est toute sauf légère et décontractée. Au contraire de ses nombreuses traversées de plage au Danemark, toujours à l’écart de toute présence humaine, qui chaque fois lui faisait découvrir de nouvelles sensations agréables, elle n’en ressent aucune. Seule la peur l’habite.

Elle ne prend attention à aucun corps allongé, ses yeux fixant avec obsession la ligne d’horizon, lieu de mariage du ciel et de la mer. Elle ne se reconnaît pas. Elle a la profonde impression de quitter une Annick pour aller à la rencontre d’une autre Annick dont elle ne connaît rien. Cette idée l’effraye.
Ne serais-je donc plus jamais la même après cette traversée ? pense-t-elle.

Son audace la dépasse. Elle comprend que la rupture avec son passé est maintenant consommée. Elle est là, nue, au beau milieu d’une plage bourrée d’hommes et de femmes dénudés. L’avenir lui apprendra si elle a eu raison de tenter cette expérience.

Annick parvient au bord de l’eau, marque un temps d’arrêt. De son pied droit elle agite l’eau, suppute sa chaleur. Elle va enfin pouvoir camoufler son corps sous ce rideau protecteur que représente la mer, reprendre ses esprits, retrouver un minimum de sérénité.

L’envie n’est toutefois pas de la partie, elle ne retrouve pas ces bienfaits que lui procure la brise de mer en d’autres lieux. Elle a surtout l’idée de prendre ses jambes à son cou et de retourner bien vite dans son petit coin discret, loin des yeux indiscrets.

Néanmoins, son corps hurle à l’apaisement ! Lentement, elle pénètre dans la mer, se laisse couler sous la houle marine, capter la fraîcheur de l’eau sur sa peau. Le calme la rejoint, le bien-être marin l’atteint. Elle continue à fixer son regard devant elle, regardant les voiliers blancs onduler à l’horizon comme des mouettes qui se laissent bercer par le flot.
Le temps s’arrête. Annick se voit voguer à travers le monde, découvrir des espaces inconnus, d’autres plages où elle pourrait, comme Robinson, vivre libre et nue.
A suivre, …

mercredi 9 décembre 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 22)

Reprenons, en alternance, le parcours d'Annick vers le naturisme.
L’ultime solution est de plonger dans la mer du Nord aux eaux fraîches et réparatrices.

Annick en parle dans l’interview qu’elle a accordée récemment à une journaliste : « L’art au service de la nudité » soit 22 ans plus tard ! C’est dire le souvenir qu’elle en garde.
Les pensées de ma charmante compagne se focalisent sur cette réalité. Pour pouvoir se baigner, il faut traverser cette large plage bourrée de monde en ce premier week-end de bon temps. Une peur panique s’empare d’elle et en son fort intérieur elle s’interdit ce déplacement.

Sortant de ma lecture, je lui demande si elle ne va pas se tremper un petit peu, que cela lui ferait le plus grand bien car sa peau prend une couleur rougeâtre alarmante. Elle décline l’invitation en invoquant ses réticences. A force de discussion, je la persuade que ce n’est pas une solution de reculer devant cet obstacle et qu’elle doit aller de l’avant pour, à l’avenir, se sentir à l’aise sur n’importe quelle plage naturiste.
C’est, envahie de crainte et d’une peur panique, qu’elle se lève. Elle porte un regard inquiet sur ce corps qu’elle apprend à maîtriser, à comprendre, à respecter. Elle se trouve subitement tous les défauts du monde, toutes les excuses pour le couvrir. Incertaine, effarée par l’ampleur de l’effort à consentir, elle me demande de l’accompagner.
Je refuse sous le prétexte que ce défi, pour qu’il porte ses fruits, doit être abordé seul.
Elle insiste, je résiste, maintiens ma position.
A suivre, …

mardi 21 juillet 2009

Naturisme et nudité. Union obligatoire ? (Partie 20)

Du naturisme individuel au naturisme collectif, un autre cap à franchir.
Obligatoire ? Non, évidemment.
Toujours, comme pour tout le reste dans la vie, un concours de circonstance ou, tout simplement, une continuité.

De retour du Danemark, il était évident que pour Annick et moi, il n’était plus question de vivre d’autre chose que de la nudité en plein air durant nos vacances ou nos week-end à la côte. Annick venait de vivre trois semaines de rêve et en redemandait.

A juste titre.

Toute la question était de savoir comment revivre de tels moments car en Belgique, il n’existait pas, à l’époque, de plage naturiste. Il fallait donc nous rendre en France ou au Pays-Bas. Mais qui dit plage naturiste dit présence d’autres personnes.

Cela, Annick n’y était pas vraiment prête et me demanda de trouver une plage possédant des dunes où elle pourrait, loin des regards, se faire bronzer nue. Et si possible aussi se baigner sans maillot.


Après de longues recherches, je découvre une petite île située au nord des Pays-Bas, en Frise : Schiermonnikoog. C’est une petite île en forme d’aile de mouette, une retraite de choix pour tous les amateurs d’espaces sauvages. Classée parc naturel, elle est réputée pour sa flore, ses paysages et son air vivifiant. Aucune voiture n’y circule. Avec ses vagues de dunes et ses plages désertes, elle reste un paradis pour les amateurs de nature. Promenade hors des sentiers battus. Avec, pour autre particularité, que l’île est entièrement naturiste en dehors du village.
Nous décidons de nous y rendre.


A suivre.